OBERNAI
Accorder le cigare avec le vin d'Alsace



Autour d'une table, des convives, des mets et des vins mariés avec les arômes du cigare.(Photo DNA)

« Fumer un bon cigare après un repas fait partie des plaisirs de la gastronomie » affirme Frédéric Voné, maître sommelier à la Cour d'Alsace à Obernai, en racontant qu'à l'âge de 15 ans, son patron lui avait offert un cigare
Depuis lors, il développe la culture du cigare en accord avec les saveurs des vins, des plats et de la cuisine. Il est persuadé qu'il faut accorder le vin ou l'eau de vie avec un cigare de qualité. Dans cette optique, il a créé avec trois amis, le Fumoir des mousquetaires en référence au célèbre quatuor.  Depuis, plusieurs personnes ont rejoint l'association et, après trois mois d'existence, elle compte une dizaine de membres. « Nous sommes le seul club de fumeurs de cigares sur la route des vins entre Colmar et Strasbourg » indique le sommelier en précisant que l'établissement a aménagé pour les fumeurs le « Lucas bar » où il est possible de trouver des cigares de grande qualité.

Faire évoluer les goûts

 Pour faire partager sa passion du cigare et apprendre à oser les accords des vins blanc et rouge d'Alsace avec le cigare de qualité provenant de Cuba, de Saint-Domingue ou du Honduras, Frédéric Voné a invité une palette de connaisseurs à une séance de dégustation de vins et de cigares, dernièrement.  En bon spécialiste, il a choisi des vins millésimés qu'il a commenté avec passion tout en proposant un débat sur les arômes de vin qui se marient avec ceux des cigares. Il a parlé de jouissance à table en considérant que le cigare prolonge le plaisir.  Il faut renouveler les sensations et mettre en harmonie les mets et les vins. Pour concrétiser ce concept, Olivier Gerber, chef de cuisine, élabore des plats très sophistiqués. Au menu des invités figurait le foie chaud poêlé fumé au havane présenté sur un lit de rhubarbe, suivi d'un pigeon rôti fumé à la feuille de havane qui présente « un accord avec les saveurs que nous aimons » a précisé Frédéric Voné.  En fin de journée, les « stagiaires », agréablement surpris par la beauté d'Obernai, et le cadre de verdure dans les douves derrière l'hôtel, ont échangé avec Ernest Uhry, directeur général, leurs impressions sur le « mariage des arômes » et ont été ravis de leur journée au coeur de l'Alsace qui leur a permis d'enrichir leurs connaissances gastronomiques et gustatives.

© Dernières Nouvelles d'Alsace, Jeudi 13 Juin 2002.
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