Article écrit par Eline, d'après les propos recueilli auprès d'un Mousquetaire

Saveurs d'un soir...

C'est un Mousquetaire comme je ne l'imaginais pas du tout, en tout cas point d'épée à la main, qui m'accueille dans une coquette maison typiquement alsacienne. L'ambiance est chaleureuse, et le cigare qu'il me présente, et qu'il s'apprète à fumer a la couleur du bois qui orne les murs de cette maison.
Il m'annonce, avec un regard pétillant, qu'il va déguster et me parler d'un Unicos de Vegas Robaina. Je sors plume et carnet, et frénétiquement essaye de vous interpreter en un langage plus.. néophyte, les sensations qu'il me décrit :
Au départ, il y a cette douceur. Puis, un petit quelque chose de sucré. Il ressent comme.. la chaleur d'un soir d'été sur la plage. Le ramenant à la réalité, une douce senteur de papier sur la langue, et rapidement, le bois impregné dans chaque feuille du cigare, se glisse doucement contre le palais, puis un doux, voir même délicat goût de noisette, sur laquelle on aurait mit un peu de miel, vient s'imposer en bouche, appuyé par des épices, le thym
Arrivé à la moitié de cet audacieux mélange de saveurs, le goût se dissipe quelque peu, laissant place à la fermeté cuivrée et aux petits caprices d'un pissenlit, portés à chaque bouffée au travers des lèvres, délicatement. Chaque bouffée de ce nectar est un petit nuage de douceur qui s'évade de terre, qui lui emporte corps et âme, vers un bien-être, un confort étrange.
Mais le goût d'un cigare ne se dissipe jamais vraiment; même s'il change d'un bout à l'autre de chaque feuille qui le forme. Le charme devient plus fort, plus sucré, plus doux, plus prenant, plus épicé. Ces variantes explosent en bouche.
"Fumer un cigare, s'apparente à la tétée" me confie-t-il, il faut savoir s'approprier chaque saveur, dans chaque bouffée.
La fin du cigare approchant, je m'efface doucement, pour laisser le Mousquetaire, finir en solitaire, son voyage dans le monde des volutes.

Eline le 22 novembre 2002